
Depuis le début de l’année, 4 agents sont décédés dans l’exercice de leur métier sur notre réseau. Au-delà de la vive émotion qui touche l’ensemble des cheminots, c’est toute l’activité Maintenance et Travaux qui est affectée. En effet, ces 4 disparitions tragiques frappent 4 mainteneurs de l’infrastructure.
Que faut-il faire ? Que doit-on faire ?
Pour la CFDT, il faut regarder plus loin que le simple constat réalisé à chaud.
C’est toute une politique de maintenance et de travaux qu’il convient d’analyser. Cette politique appliquée depuis plus de 15 ans, montre aujourd’hui ses limites.
En 15 ans, qu’est-ce qui a changé ? TOUT !
La taille des établissements équivaut à une région entière,
la sécurité n’est plus la priorité mais une priorité,
la production est tributaire de RFF qui dicte des objectifs de rentabilité élevés que SNCF respecte à la lettre par crainte de voir partir des parts de marché au privé,
la sécurité du personnel est sous traitée,
la maintenance de la voie peut être confiée à des intérimaires,
les régions ne pilotent plus les établissements INFRA M&T, les décisions s’éloignent du terrain,
la programmation et l’attribution des plages travaux sont tellement complexes que le moindre grain de sable met en difficulté toute une organisation qu’il faut reprogrammer dans l’urgence,
les dirigeants d’unité n’ont plus de marge de manœuvre et ne peuvent même pas décider de la mutation d’un de leurs agents,
la mobilité géographique est quasiment sans limite, il n’y a plus de notion de parcours, on doit se déplacer dans un périmètre de plus en plus étendu pour travailler,
des équipes ont été supprimées en masse au détriment de la proximité et de la connaissance des installations,
les périmètres des astreintes ont augmenté, générant plus de trajets routiers et de fatigue,
4 Accidents du travail mortels Il n’y a pas de fatalité !
les équipes sont éclatées, les agents sont envoyés aux quatre coins de leur UO,
le travail de nuit devient la règle, l’IN 2424 est rangé au placard,
des agents de MARSEILLE viennent décharger du ballast à Lyon Part Dieu…
la course à la performance est PERMANENTE.
Depuis plus de 15 ans, le discours de la Direction est le suivant :
¾ « Il faut rendre à l’heure »
¾ « Il faut faire le boulot car on est déjà en retard »
¾ « On a la voie que pour cette semaine donc on avance à fond pour boucler le programme »
¾ « Si on n’est pas performant, c’est la porte ouverte au privé »
¾ « La production, ce n’est pas qu’un problème de moyens, c’est aussi un problème d’organisation »
¾ « Faites pour le mieux »
Face à ce discours, il y a un message qui doit passer devant tous les autres : « Le plus important, c’est de rester en vie. »
La CFDT tire les enseignements de cette politique de la performance permanente et exige de revenir aux fondamentaux de la maintenance et des travaux : la sécurité du personnel et des circulations avant tout le reste.
Alors responsables ou victimes de cette course en avant qui nous aspire et nous conditionne à agir dans la précipitation, dans l’improvisation, dans la désorganisation, dans la confusion et dans l’agitation… Une prise de conscience collective est NECESSAIRE pour que chacun accepte de revenir à des pratiques plus respectueuses de la VIE.
LA CFDT demande à tous les agents de l’INFRA M&T de mettre fin à ces dérives et à revenir à l’essentiel :
RESTER EN VIE, TOUT LE RESTE EST SECONDAIRE.
Aussi, la CFDT agira PARTOUT pour que le travail se fasse dans un rythme et une organisation adaptés à l’homme. Il faut remettre l’humain à sa place, c’est- à-dire en tête des préoccupations de l’entreprise toute entière.
Adapter le travail à l’homme et non l’inverse, voici l’enjeu de ces prochaines années.
Chacun d’entre nous doit être mobilisé pour contribuer à ce changement radical. C’est collectivement que nous pourrons contraindre la Direction à revenir à des rythmes et à des organisations plus humaines.